Dans cette intervention je reviendrai d’abord sur la façon dont les rapports entre sciences et publics ont été problématisés par la recherche en sciences sociales, et notamment les STS, au cours des 50 dernières années. La vulgarisation des sciences est-elle seulement une opération de partage du savoir ? Y a-t-il vraiment d’un côté des savants et de l’autre des ignorants ? Sous quelles conditions les citoyens ont-ils leur mot à dire sur les sciences ? Les dispositifs participatifs favorisent-ils la démocratie technique ou l’acceptabilité sociale des innovations technologiques ? Les sciences et les techniques sont-elles des sujets d’investigation journalistique comme les autres ?
Toutes ces questions sont susceptibles d’intéresser ceux qui sont aujourd’hui investis dans la médiation scientifique, des producteurs de savoirs aux professionnels. Reprendre le fil de leur apparition permet de voir l’émergence — ou la constance — des tensions qui s’exercent aujourd’hui avec force autour de la parole et des institutions scientifiques. Et si le meilleur Stand up for science était justement celui qui se permet la critique ?
Référence : Bensaude-Vincent Bernadette et Bergeron Andrée, « Science for the people ? Perspectives des STS sur la question sciences et publics » dans Soraya Boudia et Ashveen Peerbaye (eds.), Sciences et techniques en sociétés, Londres, ISTE Editions, 2024, pp. 83-102.
Intervenante : Andrée Bergeron (Muséum National d'Histoire Naturelle, Centre Alexandre Koyré)
Il y a 7 questions dans ce questionnaire.